Située
aux confins de la Touraine et du Poitou,
appelée par La Fontaine
"Le plus beau village de l'Univers",
la ville doit son nom à son fondateur :
le Cardinal de RICHELlEU.
La
ville, commencée en 1631, fut à peu près
terminée en 1642. C'est Jacques LEMERCIER, architecte
du Roi, qui en fit les plans et ce sont ses frères
Pierre et Nicolas aidés par d'autres architectes
qui surveillèrent les travaux. Plus de 2.000 ouvriers
travaillèrent sur les chantiers.
Le Cardinal agit, pour construire sa ville, comme un véritable
promoteur, offrant le terrain à construire en engageant
le bénéficiaire, par contrat devant notaire,
à respecter un cahier des charges très précis
et à employer un des deux entrepreneurs choisis
par lui : THIRIOT ou BARBET.
Il y réunit les différentes administrations
de l'époque : l'Election de Mirebeau, le siège
de la justice à Faye-la-Vineuse, le Grenier à
Sel de Loudun et signa un contrat avec SAINT VINCENT DE
PAUL pour l'installation de 7 lazaristes pour la paroisse
et l'éducation des garçons ainsi que deux
filles de la Charité, l'une pour soigner les malades,
l'autre pour l'enseignement des filles.
A
la mort du Cardinal, la ville cessa de se développer,
cependant elle connut des visiteurs illustres tels que
Louis XIV, la Grande Mademoiselle, La Fontaine, Voltaire...
La
ville se présente comme un quadrilatère
d'environ 700 m sur 500 m, entouré de murs et de
douves, auquel on accède par trois portes monumentales,
la quatrième est une fausse porte construite pour
respecter la symétrie.
LE
CARDINAL DE RICHELIEU
Né
le 9 septembre 1585, Armand Jean du Plessis, Cardinal
de RICHELIEU, passa toute son enfance dans le domaine
familial, où il y construit son château.
Il occupa des postes de hautes importances tels que
ceux d'évêque de Luçon de 1606 à
1623 et de 1er Ministre de Louis XIII. Sa mort en 1642
ne lui permit pas de profiter des beautés de
son domaine ni de contempler sa ville inachevée.
En 1631, Louis XIII, en même temps qu'il fit à
Armand Jean du Plessis, Cardinal de RICHELIEU, la faveur
d'ériger sa seigneurie en duché-Pairie,
lui donna l'autorisation de construire « un bourg
clos de murailles et de fossés et de bâtir
une halle ». Il y établit quatre foires
annuelles et deux marchés par semaine et déchargea
les habitants de toutes les tailles et impositions.
En 1805,
le domaine fort endommagé, est racheté par un
marchand de biens qui démolit le château pour en
vendre les matériaux. Seuls le Dôme, l'orangerie,
les caves et l'entrée monumentale échappent au
massacre.
En 1877,
le domaine est reconstitué par M. Michel HEINE, banquier
à Paris, dont la fille avait épousée un
descendant de Richelieu. En 1930, Armand, marquis de Jumilhac,
duc de Richelieu, n'ayant pas d'héritier, légue
le domaine à l'Université de Paris, en souvenir
du Cardinal, Proviseur et Rénovateur de la Sorbonne.
ARCHITECTURE
ET DECOUVERTE
LA
GRANDE RUE : orientée nord-sud est accompagnée,
de part et d'autre, par deux rues parallèles, toutes
trois coupées en leur milieu par un axe perpendiculaire
: la rue Traversière. Large de 12 mètres
(des toises à l'époque), elle est bordée
de 28 hôtels particuliers tous identiques fermés
par des portes cochères donnant sur une cour intérieure.
Le
plan de la ville de RICHELIEU, n'est pas centré,
mais éclaté autour de deux places parfaitement
symétriques: la « place Royale » (actuellement
Place des Religieuses), avec l'Académie pour les
garçons, fondée par le Cardinal en 1634
et le Couvent pour l'instruction des jeunes filles et
la "Place du Cardinal", (actuelle place du Marché),
vrai centre de la ville, où étaient regroupés,
l'église, le Presbytère, l'auditoire (actuellement
la Mairie où se trouve le musée du XVIIème
siècle), la halle et les commerces.
Cette disposition contribue à faire de RICHELIEU
un projet architectural exceptionnel. Les plans de la
ville sont encore de nos jours étudiés par
les écoles d'architecture et ont servi de base
à la construction de quelques villes de France
et d'Europe. De nombreux immeubles, ayant été
soigneusement conservés, restent les témoins
de cette époque.
L'EGLISE,
construite par Pierre LEMERCIER, de style baroque,
est dédiée à Notre Dame de l'Assomption.
Sur la façade, de grandes niches abritent les
statues des quatre évangélistes.
Les
HALLES: terminées en 1638, possèdent
une très belle charpente en bois de châtaignier
et de chêne, très peu restaurée.
LE
PARC : Le Cardinal de RICHELIEU, demanda
à Jacques Lemercier, architecte du Roi, d'agrandir
considérablement le château de ses pères.
Ce château inspira, dit-on, la construction
de celui de Versailles. En 1642, le Cardinal meurt.
Son arrière petit-neveu émigre, lors
de la Révolution, ses biens sont confisqués
et les oeuvres d'art que contenait le château
sont vendues ou attribuées à des Musées
(Le Louvre).